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Web 2.0 : Qui payera l’addition ?

Publié le 14 mai 2009 par Christophe Lefevre

Editorial

12044181365akhvd1Il y a des jours où je me dis que les internautes sont vraiment égoïstes. J’ai d’ailleurs déjà lâché 2-3 coups de gueules sur ceux-ci.  Il faut dire que les médias ne les aident pas à voir la réalité. Avec ces gros chiffres autours de Google, Facebook, Yahoo, Twitter, …

Je souris parfois lorsque je vois que des internautes pensent que les entrepreneurs leurs doivent beaucoup, simplement parce que ceux-ci vont sur leur site. Alors que le fait de passer sur un site, n’apporte pas directement d’argent à celui-ci. Par exemple, les critiques fusent contre Facebook, alors que celui-ci vous offre un service complet et une totalement gratuit.

Certains croient même que Blogasty me permet de gagner ma vie. C’est drôle car en réalité, ce genre de site ne fait pas d’argent. Le seul moyen de gagner de l’argent avec un site communautaire traditionnel, c’est de lever des fonds !

Mais la levée de fond, ce n’est pas un modèle économique.

Trop d’entrepreneurs ont cru qu’internet était une futur vache à lait et maintenant, ils se mordent les doigts. La crise aura apprise à beaucoup d’investisseurs que le business modèle doit être au centre de toute conception car en cas de succès, un site peut coûter beaucoup plus que ce qu’il rapporte.

La valorisation des sites ne signifie pas grand-chose en réalité. Si Facebook vaut des millions de dollars, il ne l’est a pas gagné pour autant !

Avec le temps, le web gratuit sera de moins en moins présent.

D’ailleurs, je pense que l’hébergement d’images, de vidéos et de textes va à terme devenir généralement payant. C’est normal après tout, les hébergeurs de sites gratuits sont aussi devenus très rare, et on s’y est fait et les solutions de payement tel que Paypal ont forcément beaucoup d’avenir.

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Comme me le faisait remarque eMich, payer 3 euros par mois pour un service sur le Web que l’on apprécie, ce n’est rien. LastFM par exemple le mérite bien. Certains d’entre vous ont aussi investi dans un compte Flickr payant.

C’est vrai que ce n’est pas énorme, mais c’est une habitude que je n’ai pas prise.  J’ai l’impression que tout est logiquement gratuit sur le Net ! Comme tous les jeunes d’ailleurs.

En réalité, ce n’est pas forcément négatif, si les sites web 2.0 deviennent payant, il y aura plus de concurrence et la qualité devrait devenir primordiale.

Prenons un exemple concret ( mais franchement improbable ) : Blogasty devient payant.

Pour 2 euros par mois, chaque membre aurait la possibilité de poster son contenu sur le site. Avec cet argent, je pourrais m’occuper de celui-ci à temps pleins et sans cesse l’améliorer, je pourrais aussi travailler autours de la promotion, voir investir dans de la pub.

Finalement, vous paieriez pour un site qui était gratuit auparavant mais celui-ci n’afficherait plus de pub, serait plus complet et plus proche de vos attentes puisque j’aurais le temps de prendre en compte toutes vos remarques. Sans compter que son trafic augmenterait progressivement, ce qui aurait un impact sur les retours.

Et pour tout cela, il ne faut que 2euros par personnes. Oui mais voilà, des sites comme Blogasty, il y en aura toujours à la pelle et parmi ceux ci des gratuits qui casseraient mon business.  Donc pour rester compétitif, il faut commencer par être gratuit également, mais lever des fonds pour tout de même pouvoir réaliser ses améliorations et sa promotion.

La levée de fond est donc un investissement pour l’avenir, lorsque le site sera tellement évolué qu’il deviendra la référence et sera donc indispensable et à ce moment là , vous payerez la note !

Vous comprenez où je veux en venir ? Et bien c’est simple, chaque site a des concurrents et des clones et ceux-ci peuvent facilement prendre la relève en cas de fin de gratuité. C’est donc assez complexe de fonder son business sur un modèle payant lorsque celui-ci a commencé en étant gratuit !

Vous comprenez donc que le business modèle d’un site doit être au centre de la création de celui-ci. Maintenant, imaginer des sites de référence tels que Youtube et MySpace qui sont des vitrines importantes pour des milliers d’artistes.

Ces réseaux ont un tel impact sur la promotion de nombreux artistes peu connus que le faites de les rendre payant, aurait du sens.

La publicité n’est pas un moyen efficace de monnayer un site avec des couts élevés.
Le cas de Youtube qui malgré la publicité injectée sur les vidéos n’arrive pas à vivre de lui-même montre bien qu’il faut quelque chose de plus.

paypalOui, le web 2.0 va de plus en plus devenir payant. Ainsi, on peut imaginer un Facebook premium pour ceux qui y stockent des photos, des vidéos et crée des groupes, mais gratuit pour les autres. Les avantages du payant rendent tellement les gens inégaux sur le site que les membres accros chercheront forcément à s’aligner aux comptes gold.

En fait, tout ce qui manque, c’est un moyen sûr, rapide et efficace pour payer ses abonnements en 2 clics, un peu comme les abonnements SMS.

… Parce que vous aviez vraiment cru que des sites comme Netvibes et Youtube seraient toujours gratuits ?



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14 réactions

  1. Je pense que le bon modèle c’est effectivement de proposer une formule gratuite et une formule plus évoluée payante pour ceux qui sont séduit par le services.

  2. oui, le problème c’est comment payer et pour quoi. Oui, je veux payer 3 euros par mois gmail pour un backup quotidien, oui je veux payer au moins autant à une sacem numérique pour les véritables artistes (90% d’entre-eux sans doute ;) oui, je veux donner (et déduire de mon impôt ?) cet acte citoyen, donner pour une presse 2.0 libre, oui, un hébergement, même virtuel se paie.

    (…)

    Reste que je ne suis pas d’accord avec « Vous comprenez donc que le business modèle d’un site doit être au centre de la création de celui-ci ». > Une part essentielle de l’humanité, des échanges et de l’essence même de nos sens est non marchand(e). Qu’elle fut publique, privée ou associative voir spontanée et individuelle (url ou irl) la part de créativité « gratuite » [non marchande] qui fait les communautés, les « succes story » et le web social a vocation a perdurer. Et cohabiter.

    …avec quoi, c’est là le vrai sujet qui devrait passionner nos investigations /-)

  3. C’est vrai, les services gratuits sur le net ne rapportent rien. En tant que co-créateur d’une plateforme de blogs, je suis bien placé pour voir que la publicité ne rémunère vraiment pas suffisamment (surtout lorsqu’on décide, pour la beauté du geste, de ne pas noyer les pages sous les bannières de publicité).
    Les gens ne sont pas prêts à sortir leur carte bancaire pour ce genre de service, je suis tout à fait d’accord avec toi. En tous cas pas les ados ou les jeunes adultes.
    Donc une solution de micropaiement me semble en effet être une solution que l’on peut entrevoir, notamment par mobile. Tout le monde en a un maintenant, et de plus je pense que le fait d’envoyer un SMS surtaxé donne moins « l’impression de payer » que d’utiliser un moyen de paiement de traditionnel. De ce fait, je pense que les gens auraient moins de réticence à ce genre de mode de paiement.
    D’ailleurs, quand on a un forfait et qu’il nous reste du crédit en fin de mois, envoyer un SMS surtaxé devient en quelque sorte « gratuit », puisque le forfait est payé, de toute façon. Enfin, c’est ma façon de voir.

    Je suis sur le point de lire un bouquin sur les stratégies d’affaires du web 2.0, j’ai hâte de voir s’il proposera ce genre de solution…

  4. Brice de Ajaccio

    La plupart des sites internet sont gratuits depuis plus de 10 ans yahoo, google et j’en passe..
    Ton blogasty ne te rapporte pas d’argent car son trafic est ridicule ce n’est pas aux internautes de s’aligner à la tendance, avec les compétences requises et je sais de quoi je parle on peut coder un digglike de zéro (sans pligg bien entendu) en 24 heures ce serait trop beau de pouvoir en vivre pour si peu de travail.

    C’est à blogasty de se remettre en question pas aux internautes désolé pour toi mais ce site est loin d’être attrayant.

    Arrette de jouer le carte du site qui coute cher à héberger, avec un bon systeme de cache sous les 5000 uniques (et encore) n’importe quel site peut tenir sur un hébergement à 150 euros l’année.

    Cordialement

    Brice.

  5. Achille

    je suis entièrement d’accord avec ce que je viens de lire, il est possible qu’une formule devenant payante incite à plus de qualité.
    J’en veux pour preuve cet article même, auquel j’ai accédé gratuitement, rédigé par une personne qui se prévaut de vouloir proposer de la lecture à ses visiteurs, et qui nous inflige des fautes d’orthographe, de conjugaison, de ponctuation et de syntaxe (rien ne nous aura été épargné) qui auraient probablement offert un second infarctus à mon défunt grand-père, professeur de français. Allez, le plus beau pour la route, vous vous amuserez à retrouver les autres: « Si Facebook vaut des millions de dollars, il ne l’est a pas gagné pour autant ! » Il est évident que je ne payerai pas longtemps pour lire ça. Sans rancune…

  6. J’ai acheté un Flickr Pro. Quand on peut vraiment y gagner, cela peut être utile d’avoir une version gratuite et une version payante d’un même outil.
    Mais c’est absolument hors de questions de mettre des trucs payants qui était originellement gratuits, et tu le soulignes bien.

    J’ai peur que dans un procédé d’enrichissement, c’est ce que les gens fassent. Plutôt que de proposer une version payante plus complète, on enlèvera des trucs à la version gratuite. La version originellement gratuite le sera toujours mais allégée. Et la version payante sera exactement la même chose, ou presque, que la version gratuite originelle.
    Et ça c’est NOUS prendre pour des vaches à lait !

  7. Tu as le don d’enfoncer des portes ouvertes, c’est un plaisir…

    Le modèle « gratuit » n’a de gratuit que le nom. En échange de l’utilisation non rémunérée d’un service, tu acceptes de lui confier des données personnelles qu’il pourra ensuite exploiter de diverses manières : marketing direct ou indirect…

    Le passage d’un modèle gratuit à un modèle payant, notamment dans le cadre de last.fm ne vise pas à gagner de l’argent, mais à tenter de diminuer des coûts incompressibles : versements aux ayants droits, stockage, bande passante… Pour rappel, quand j’écoute ma playlist favorite sur last.fm, je ne vois pas les publicités, je ne rapporte donc pas d’argent.

    Quant à faire payer Blogasty, je t’avoue que je ne vois pas qui ça intéressera : absence totale de ROI. Si je veux payer pour augmenter la visibilité de mon blog, autant prendre des adwords, au moins je suis certain d’avoir une audience hyper qualifiée que ne m’apportera pas un Digg like aussi « généraliste » (je le mets entre guillemets, car il est généraliste tout en étant très orienté geek et web).

    Mes 2 cents.

  8. J’avais oublié un point :

    La levée de fond est donc un investissement pour l’avenir, lorsque le site sera tellement évolué qu’il deviendra la référence et sera donc indispensable et à ce moment là , vous payerez la note !

    Il y avait jusqu’à il n’y a pas si longtemps, un site « référence » dans la news collaborative high tech, qui existe depuis 1997, qui s’est pris une grosse claque avec l’arrivée de Digg, et a à la fois fortement perdu en audience et en notoriété : Slashdot. On pourra en dire autant avec Friendster VS Myspace…

    Ta notion de référence est donc toute relative.

  9. Je remarque que certain d’entre vous ont mal compris l’exemple de Blogasty.

    Je l’ai pris comme exemple par ce que c’est mon site et que n’étant pas du tout une entreprise, c’est beaucoup plus simple à prendre en exemple que Facebook, dans lequel intervient de nombreux paramètres tels que les actionnaires, investisseurs, la possibilité de valorisation du contenu, des coûts élevés de stockages de données, …

    Mais je l’ai dit, c’est improbable donc ne faites pas comme si j’avais dit que je voulais rendre Blogasty payant…

    Rhalalala , ces internautes….

    Fred, il peut être plus intéressant d’avoir moins de trafic mais du trafic qui paye et tout le monde n’est pas prêt à recommencer tout à zero, chaque fois qu’un concurrent du site que l’on utilise devient gratuit.

    Le problème actuel pour eux, c’est l’habitude de payer.

  10. archi d’accord avec nicolas voisin, je paye la fibre d’orange, je suis prête à payer mon abo au monde.fr, je paye mediapart, je peux payer un envoi sur usendit, je serais d’accord pour payer des droits à une sacem numérique, bref, je suis d’accord pour payer un service de qualité ou qui m’intéresse ou dont j’ai besoin.
    Mais sans convivialité, sans partage, sans sites et blogs gratuits, rien ne différencierait plus le web du reste.

  11. Quand un service était gratuit au départ et qu’on désire le faire évoluer en service payant il faut apporter un petit plus… Je bossais dans le web porno il y a de cela quelques années et le principe était le même : offrir du « petit » contenu ou service gratuit et proposer une version plus conséquente payante. Si le visiteur sent qu’on le respecte et que le service payant est à la hauteur de ses attentes alors il reviendra…

  12. C’est bien vu, mais du fait justement qu’il y’en aura toujours un pour proposer un nouveau service gratuit à la place de celui qui aura basculé sur un modèle payant, on voit que de basculer un jour vers un modèle payant pourrait s’apparenter à un « suicide ».

    Seule solution à mon sens, proposer un service gratuit de qualité et un service payant encore mieux, de manière à ce que les personnes séduites par le service gratuit adhèrent au service payant.

  13. Web gratuit, mythe ou réalité ?

    Cet article laisse planer en arrière-plan le doute d’une hypothétique bulle 2.0. On ne peut effectivement pas avoir éternellement des modèles basés sur la publicité qui a ses limites. Les serveurs qui hébergent les comptes des internautes sur ces sites par exemple ont des coûts qu’il faut bien financer et la manne publicitaire ne suffit pas.

    Face à la pléthore de sites, la question n’est pas uniquement de disposer d’une formule gratuite basique et d’une formule avec des fonctionnalités additionnelles payante (de type Premium comme le font les réseaux sociaux LinkedIn et Viadeo) mais de réfléchir plus largement à quel sera l’écosystème du Web demain sachant que beaucoup raisonnent encore trop en nombre de comptes sur les réseaux sociaux, nombre de visiteurs sur les sites et qu’il est nécessaire d’également considérer la dimension qualitative. Cependant pour beaucoup de sites il suffit d’avoir 1 % d’abonnés en version Premium payante pour financer les développements et les évolutions du site pour l’ensemble de la communauté.

    Par ailleurs, la notion de taille critique et de notoriété n’est pas à négliger. Dès lors qu’un service sur le Web propose une version payante mais avec des réels services additionnels qui répondent à des besoins et pour une très importante communauté, pourquoi l’utilisateur basculerait-il sur un service gratuit mais avec des fonctionnalités moindres et certainement une richesse au départ limité en matière de contacts.

    Tous les aspects sont à mettre dans la balance et je crois que le raisonnement gratuit/payant est à effectuer au cas par cas. Lorsque c’est gratuit en apparence, il faut bien se poser la question des sources de revenus du site ou des revenus supposés à terme. Par exemple Amazon a dû attendre 5 ans avant d’engranger ses premiers bénéfices. Dès lors on peut se poser la question de Facebook…

    D. Fayon

  14. Mimosa

    Les FAI proposeront sans doute des packages « acces sites webs » dans le même principe que les bouquets de chaines télé…

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