Là d’où je viens le media, c’est la télévision de papa, celle qui commence maintenant en France à 20H35 pile et qui s’appelait sans doute « mass media ».
En fait de télévision, c’était plutôt celle de mon grand-père : de mémoire, en 32-34 (1932 !) il participait aux premiers essais de télévision ! J’ai des photos, sépia comme il se doit, souvent regardées, d’un gros camion garé dans une petite rue anodine, avec des câbles et des antennes. Je regardais attentivement en me disant : alors, c’est ça, la télévision ! Et mon grand-père (ingénieur télécom) quel pionnier !
Ensuite, sans vraiment m’en rendre compte, j’y suis venue moi aussi à cette télévision : technologie, outils, contenus.
Des années de passion, de rencontres, de créativité, de travail. L’apprentissage d’un regard, comment fabrique-t-on, une image, une forme, comment – parfois – raconter une histoire, transformer des idées, communiquer, imaginer. Tous styles, tous formats, tous sujets. Et plus tard, exclusivement les documentaires. Mille façons d’explorer le monde et son histoire, ses mutations, fractures, imaginaires. Mille facettes du réel.
Et puis, un jour, j’ai commencé à penser que cette télévision dans ses moyens de production « habituels » ne pouvait continuer ainsi, qu’elle devait accepter d’entrer dans d’autres formes, d’autres approches, d’autres contenus, d’autres modes de financements et d’autres collaborations.

Je découvrais internet ! Et le mot media (milieu – intermédiaire) à qui l’on attribue une définition de transmission « impersonnelle » (ah bon !), s’est enrichi de mille facettes (souvent anglophones, il faut bien le dire !) : sont apparus les mots UGC (user generated content), cross média (utilisation convergente de plusieurs médias), crowdsourcing, NTIC, etc. … et aussi content manager et community builder (que j’apprécie et qui me tentent professionnellement !).
Sont arrivés aussi les mots et les qualificatifs tels que : mobilité, « contenu enrichi » (horreur de cette expression qui fait invariablement penser à « …5 œufs frais au kilo »), interactivité, personnalisation, transverse, réseau…
Alors, j’ai voulu en savoir plus, et ne cesse depuis une exploration de toutes les formes et innovations que je peux découvrir, en en ayant appris – un peu – plus sur les outils, en m’en servant, en apprenant à trouver, en acceptant de remettre en cause, d’être étonnée, parfois.
Bien sûr, j’y retrouve le fameux « mass média », quoiqu’on en dise, et de très intéressantes techniques marketing qui pratiquent le cross média dans le texte (et dans l’image etc).
Et puis, je croise aussi quelques rêves qui s’intéressent au dialogue, à l’échange, à des formes de création multiples, à un accès au savoir sans exclusion (parce que nous ne sommes pas tous connectés de la même façon – par exemple le programme « Connecting the unconnected by 2015 » http://www.itu.int/partners/index.html), à des partages d’expériences, à des Next Generation Networks (NGN) des pays en voie de développement http://www.internews.fr/spip.php?article66, ou de ceux ou règne la censure.
Ou des formes plus commerciales, comme la toute récente MAKE Television http://www.makezine.tv/
(et Article sur Wired http://blog.wired.com/sterling/2009/01/make-public-tel.html (issue du journal MAKE http://blog.makezine.com/), lancée le 3 janvier dernier, qui amène à la télévision (celle de papa !) le web et ses multiples applications. Vraiment pas mal, dans le genre « bricoleurs de génie » (et il y aurait bien d’autres choses à faire sur le même principe !).
Et même – pour ceux qui ne l’auraient pas lu quelque part – une nouvelle norme mondiale en provenance de l’UIT (ITU International Communication Union -http://www.itu.int/newsroom/press_releases/2008/36-fr.html), pour les réseaux filaires domestiques à grande vitesse (comme on dit), le G.hn (norme Wifi devant permettre le développement des foyers numériques), promise pour 2010.
Alors oui, je ne regrette pas d’avoir laissé derrière moi la télévision telle que je la connaissais – et qui a de beaux jours devant elle dans sa fonction « grand public, ce n’est pas la question en fait.

Et oui, je m’intéresse à ce que l’on peut inventer via le media world ouvert sur le Web, cela semblera naïf à certains, sans doute, mais c’est une direction qui se construit, qui trouve ses financements, ses initiatives et ses inventeurs, et ça c’est un média qui intègre sa définition d’origine « intermédiaire », et aussi « lien » si l’on veut bien y regarder de plus prés – et passer sur les gadgets et les tentatives un peu convenues – il a un bel avenir devant lui.
Véronique – Télé d’antan & Outils d’aujourd’hui
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Rédigé par Veronique