Les citoyens sont-ils devenus des sources pour la presse

En tant que community manager dans une société active dans les médias, je ne peux que féliciter mes collègues journalistes d’utiliser les réseaux sociaux et essentiellement Twitter pour avoir une vision de l’actualité autre que celle que nous livre l’AFP ou les quotidiens, mais ils savent aussi que l’information puisée par ce vecteur doit être prise avec des pincettes et vérifiée avant d’être publiée.

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Si les rédacteurs en presse et TV/radio peuvent (doivent) se permettre de vérifier une information par téléphone ou se rendant sur place, les journalistes web doivent travailler et publier en temps réel.

Si on prend en compte l’impact qu’ont les Google News, flux RSS, timeline Twitter et NewsFeed Facebook, on se rend vite compte qu’il faut ABSOLUMENT être premier sur une news et forcément, passer régulièrement les étapes nécéssaire en presse que sont la vérification de l’info et la relecture d’articles par un tiers.

Un danger, c’est vrai, mais heureusement, contrairement aux autres médias, sur internet, on peut retourner en arrière en supprimant un article du site ce qui n’est évidemment pas possible sur la presse papier sans faire appel à Harry Potter. Évidemment, ça ne résoudra pas les traces laissées dans Google et les réseaux sociaux.

Personnellement, je remarque de plus en plus que dans la presse web, s’installent ces bonnes ou mauvaises habitudes, selon le cas. Même en Belgique, un pays où Twitter est assez peu utilisé par les internautes, on recherche de l’information exclusive et parfois locale par le biais de Twitter, alors que les messages publiés sur le réseau social ne sont donc pas vraiment représentatifs de la société. Si c’était le cas, nous aurions un gouvernement depuis longtemps!

Je l’ai remarqué récemment, quand suite à une boutade publiée sur Twitter concernant le fait que la SNCB a demandé que quelques passagers se sacrifient pour que les autres puissent repartir. Un quotidien m’a rapidement contacté via Twitter pour une conversation téléphonique, ce que j’ai refusé. Par contre, un autre site de référence belge a tout simplement publié le contenu de mon tweet dans un article sans même me demander mon avis. Je trouve ça assez fort, sachant que je ne suis pas quelqu’un de «connu» par ces médias, il n’y a aucune raison de prendre au sérieux mes messages.

À la suite de cette petite aventure sans grande importance, mon Twitter est suivi par plusieurs comptes officiels de quotidiens belges. Je suis peut-être devenu la source officielle des problèmes de la SNCB sur la ligne de Namur-Luxembourg, je ne sais pas. OK, je n’hésite pas à tweeter les (très nombreux) problèmes du rail belge, mais en toute sincérité, je préfèrerais être suivis pour ma veille High-Tech.

J’ai toujours considéré que les réseaux sociaux sont des bonnes sources pour l’actu et permettent de suivre des tendances grâce à l’intelligence collective. Mais cette aventure me donne l’impression que n’importe qui peut devenir une source suffisante pour fonder un article et là je dis «stop», l’internaute a le droit de déclarer n’importe quoi sans que pour autant ça risque de se retrouver dans les médias.

Comprenons bien que lorsque quelqu’un dépose un message sur Twitter et Facebook, la dernière chose à laquelle il pense, c’est comment ce sera perçu par ceux qui ne le connaissent pas.

Doit-on attendre que des personnes mal intentionnées découvrent comment manipuler les médias sur base de simple twit pour comprendre que les réseaux sociaux sont des canaux de diffusion de l’information et non des sources?

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Rédigé par
Chris Lefevre
Publié le
20 avril 2011

22:56

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