Raspberry Pi à l’essai : à quoi ça sert?

Le Raspberry Pi, pour les moins geeks, est un mini-ordinateur équipé d’un microprocesseur ARM et 256 à 512 mo de RAM disponible au prix d’environ 35€ . Il est vendu nu sans boîtier. L’intérêt du produit se trouve dans sa très faible consommation en énergie, quelques euros par an en électricité. Vous pouvez donc en acheter un et le laisser allumer jour et nuit.

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Cela fait un moment que j’avais envie de m’acheter un Raspberry Pi, mais il m’en manquait l’usage, pourtant, avec toutes ses possibilités, il y a forcément une utilisation qui pourrait m’intéresser. Vu le prix de ce gadget, j’ai décidé de me lancer dans l’expérience.

Pour quel usage

Pour fonctionner, n’importe quel ordinateur à besoin d’un système d’exploitation, pour le Raspberry, ce sera de préférence Linux. Android est également possible, mais ce n’est pas le meilleur choix. Une forte communauté s’est formée autour du Raspberry et heureusement, car c’est bien nécessaire.

Parmi les usages, ceux que je trouve les plus intéressants sont un media center sous XBMC, un NAS, une torrentbox, un serveur et une console de retrogaming.

C’est parti

Après avoir commandé le Raspberry, une carte mémoire compatible (liste dispo sur le web), une clé WIFI et un boîtier pour le protéger, je branche le tout, j’ajoute un hub USB alimenté bien nécessaire, car les ports USB du Raspberry ne sont pas bien alimentés et pour cause, le Pi est connecté à un chargeur de smartphone Android que j’ai récupéré pour l’occasion.

À la découverte de Raspian

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J’installe la distribution Linux Raspbian, qui est la plus recommandée, avec une procédure est assez simple à suivre depuis un PC ou un Mac. Il s’agit d’une distribution ultralégère basée sur Debian. Très rapidement, je me rends compte que ma clé WIFI n’est pas reconnue, pourtant, dans les commentaires sur Amazon, un client a dit l’utiliser pour connecter son Raspberry et donne la méthode d’installation des pilotes.

En réalité, la clé n’était pas reconnue nativement par Raspian, les pilotes n’étaient plus compatibles et il m’a fallu beaucoup de temps pour finir par comprendre comment l’installer. En fait, j’ai trouvé l’explication sur un blog écrit en russe. C’est un peu le problème avec les distributions Linux, il faut parfois faire preuve de beaucoup de patience.

J’ai également installé de quoi accéder à au Raspberry en remote desktop depuis mon Mac. Bien pratique si vous voulez, par exemple, le cacher dans un placard.

Première impression, le Raspberry est plutôt lent. Vous aurez du mal à en faire un véritable ordinateur, même pour les enfants. En remote desktop, c’est encore bien pire et surfer dessus est une torture même après avoir installé Chromium. Il ne fait aucun doute que le Raspberry n’est pas prévu pour cet usage. Vous me diriez, pour 30€, il ne fallait pas attendre des miracles.

Par contre, même si le Raspberry est lent, il peut s’acquitter de certaines tâches grâce à son GPU assez performant. Je reviendrai plus loin sur cette caractéristique.

Raspbian est une distribution Linux assez classique, on peut installer dessus un serveur Lamp et exécuter les scripts en PHP, mais on peut faire beaucoup plus de chose en Python ou Java.

Le meilleur usage de Raspian, pour moi, c’est l’association de NAS et torrentbox.

En effet, le téléchargement de torrent n’est pas aisé dans ma configuration full wifi actuelle et avoir un serveur qui s’occupe de rapatrier les torrents et les placer sur le NAS serait particulièrement utile. Après quelques installations en ligne de commande, j’ai pu installer transmission avec son interface accessible depuis un navigateur. ça signifie que toute personne connectée à mon réseau pourrait lancer des téléchargements de torrent depuis son ordi. Pas mal, mais je trouve l’interface web incomplète. Pas de soucis, j’ai installé un client sur mon Mac qui se connecte à ma torrent box.

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C’est vraiment génial puisque je peux gérer les torrents de mon ordinateur sans prendre aucune ressource, sans devoir arrêter les téléchargements et si je le désire, sans faire passer des Gigaoctets de données à travers le WIFI.

Si je n’avais pas déjà de NAS, je pourrais carrément connecter 1 ou 2 disques durs sur mon Raspberry.

Les prochaines étapes, ce sera probablement de synchroniser mes comptes Google Drive et Dropbox avec le NAS en réalisant des scripts en Python. Et pourquoi ne pas connecter une webcam pour surveiller ma maison en mon absence?

Une Mediaplayer avec XBMC

Après avoir installé Raspian, j’ai ajouté Openelec en dual boot. Cette distribution de Linux ne peut que faire tourner XBMC. Bien entendu, il est possible de faire tourner XBMC directement sur Raspian, mais les performances ne sont pas au rendez-vous, de plus Openelec est vraiment complet.

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Bonne nouvelle, ma clé WIFI a fonctionné directement, cette fois. Ça prouve une fois de plus que Raspian n’est pas une distribution complète. Par contre,XBMC est vraiment un excellent mediacenter, les modules sont nombreux, les thèmes modifient totalement l’ergonomie, il est possible de le commander avec son smartphone, si vous n’avez pas de clavier portable. Il semble également qu’il soit compatible avec les télécommandes des téléviseurs modernes. Je n’ai pas pu le vérifier.

Raspberry est bourré de modules en tout genre, de la télé à la demande au serveur Airplay. Il peut, en théorie, faire tourner des émulateurs de jeux ou même des clients torrent. Je n’ai pas su faire fonctionner ces modules. Dommage, mais d’un autre coté, je me dis que ce n’est pas pertinent de faire tourner des applications en tâches de fond sur un mediacenter.

Bien que XBMC soit identiquement le même sur Raspberry que sur PC/Mac, il est un peu moins réactif. Chez moi, j’ai remarqué de fortes lenteurs dans l’interface lorsque celui-ci télécharge des modules ou se met à jour.

Dès que tu démarres une vidéo, son GPU Broadcom Videocore IV montre tout son potentiel. Surprenant que celui-ci puisse lire de la vidéo Full HD 1080 compressée en X264 avec autant d’aisance et soit si lent pour d’autres usages plus basiques.

Il ne faudrait probablement pas hésiter à l’overclocker pour obtenir de meilleures performances, car le CPU est toujours à 100% et si vous utilisez beaucoup XBMC, il faudra également acheter des refroidisseurs thermiques.

Pour les audiophiles.

Les audiophiles pourraient être tentés d’investir dans un Rasberry pour partager leur collection de MP3 via Airplay ou accéder à Spotify, Google Play, Soundcloud ou divers radio internet depuis Home Cinéma. Tout ceci est possible grâce à des logiciels tels que Pi MusicBox ou Volumio, mais pour un son de qualité, un dac ou une bonne carte son USB me semble nécessaire.

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Vous pouvez également trouver une carte son pour Raspberry équipée d’une puce Wolfson à un prix très accessible.

Le retrogaming.

J’ai testé plusieurs émulateurs sur le Raspberry. On peut trouver des émulateurs, des collections d’émulateurs ou encore des distributions complètes et comme souvent, Mame est disponible en plusieurs versions. Je lui ai préféré Final Burn Alpha qui est compatible avec mes bornes préférées (Neo-geo, Capcom,…). Il supporte très bien ma manette streetfighter, justement. Tous les jeux ne fonctionnent pas forcément. Il semble que l’émulateur manque parfois de RAM, mais quand ça tourne, ça tourne bien.

Pour me faciliter la tache, j’ai installé piMame sur Raspbian. Vous pouvez configurer Raspbian pour démarrer sans son environnement graphique X-server, grâce à la commande « $ sudo raspi-config », piMame sera plus rapide et démarrera automatiquement, ce qui permettra, par exemple d’utiliser le raspberry avec une simple manette, sans clavier ni souris, ce qui est pratique pour celui qui veut se monter une petite borne d’arcade.

Pour l’hébergement des roms, PiMame permet l’upload de fichiers depuis un autre ordinateur du réseau grâce à une interface web efficace, mais personnellement, j’ai préféré créer des dossiers sur mon NAS que j’ai monté comme étant les sous-dossiers « roms » des émulateurs avec la commande « Mount » de Linux. L’émulateur n’y voit que du feu et je n’ai plus de limite de place pour mettre mes roms.

Vu le nombre d’émulateurs disponibles, il me faudrait beaucoup de temps pour les tester et choisir les meilleures solutions. Je ne vous ferai donc pas plus de recommandations.

Conclusion


Le Raspberry est clairement un jouet pour geeks. Si vous avez peur des lignes de commandes, il va vous pourrir la vie. En dehors d’Openelec qui a fonctionné très facilement, j’ai beaucoup dû chercher sur le web pour apprendre à maîtriser la bête. J’ai eu quelques mauvaises surprises comme le moment où après avoir ajouté Openelec sur une partition, j’ai retrouvé mon Raspian remis à zéro. Au vu du temps qu’il m’a pris pour le configurer, je m’en serais bien passé.

Si le Raspberry n’offre pas une expérience exceptionnelle de Linux, à l’inverse d’un NUC sous Ubuntu, par exemple, les possibilités restent tellement infinies qu’on aurait tendance à vouloir en acheter plusieurs pour multiplier les usages. Je pourrais en cacher un dans mon stick arcade, un sous la TV, un à côté du NAS… Pourquoi s’en priver?

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Rédigé par
Chris Lefevre
Publié le
11 mai 2014

00:13

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