
La semaine dernière, beaucoup de blogueurs ont relaté la mort du web selon Chris Anderson, le patron de Wired.
Selon lui, l’arrivée de l’iPad et des mobiles serait en train de faire disparaître le bon vieux « www » pour laisser place à des applications en objective c.
Entre-nous, ça me rappelle un peu les quelques experts qui annonçaient que les applications RDA utilisant des plateformes telles que Adobe Air prendraient le pas sur le navigateur. Ensuite, on a dit que ce serait les applications de bureau qui finiraient dans les navigateurs, et maintenant, c’est tout internet qui devrait quitter le navigateur pour finir sous forme d’applications ou de simples flux XML.
Mais c’est l’utilisateur qui choisi et pour lui, il existe un produit sûr pour rechercher et c’est Google dans un navigateur. L’utilisateur aime la simplicité et le fait que les grandes sociétés sortent toutes des applications iPhone ne signifie pas que ce soit l’avenir mais plutôt un phénomène de mode.
Personnellement, je mise plutôt sur l’internet mobile avec un format qui s’adapte parfaitement à chaque navigateur et pour ça, l’HTML5 et le CSS3 me semblent toujours aussi efficace mais nous sommes dans une période de transition, c’est clair.
Il faut se mettre à la place de l’utilisateur, le plus simple reste le meilleur choix sur le long terme. Si je suis dans la rue, que je vois un produit qui me plait dans une vitrine et désire avoir accès à toutes les informations lui concernant, vais-je rechercher l’application dans le truc-much store ou vais je plutôt taper le nom du produit dans Google ?
Il me semble évident qu’une marque doit plutôt travailler sur la qualité de son site multi-plateforme et son référencement naturel que sur une application quelconque, mais aujourd’hui, les marques misent surtout sur le « buzz », plutôt que sur l’avenir.
Pourtant, il y a bien une partie du web qui disparaît peu à peu selon moi, c’est le web 2.0. J’ai longtemps cru que le web social allait évoluer comme une série de services à la carte, qui se complétaient et se connecteraient les uns aux autres.
Avec le web 2.0, vous aviez un choix pour chaque utilisation.
Et puis d’autres services plus spécifiques comme le blog d’entreprises ou l’aggrégateur.
Ensuite, il vous suffisait d’utiliser un client ou un lifestream pour tout rassembler et avec les API et les formats d’échange nés avec le Web2.0, un site pouvait s’enrichir avec du contenu d’un autre.
Oubliez tout ça, le web 2.0 est bel et bien fini. Twitter qui était l’exemple type du site ouvert aux autres ne l’est de moins en moins. Il a brisé le petit business des clients twitter pour iPhone en rachetant Tweetie, il propose son propre raccourcisseur d’URL , son propre moteur de recherche en temps réel et supporte nativement la géolocalisation et a même lancé son bouton officiel de retweet. Avec son Api, on peut utiliser Twitter de nombreuses façons : l’intégrer dans un site ou envoyer votre contenu sur celui-ci mais soyez certains que les bonnes idées seront récupérées au profit du réseau social.
Mais la palme de la destruction du web 2.0, tout sites confondu revient évidement à Facebook. En rachetant Friendfeed, ils se sont rapidement débarrassés du seul site qui arrivait encore à faire cohabiter toutes les plateformes sociales de façon cohérente.
Je me rappel encore m’être dit « waw, Friendfeed combiné à Twitter dans client Air tel que Feedalizr, c’est vraiment l’outil social ultime »
Mais Facebook a une façon très particulière d’absorber le web. Il est très rare de sortir du réseau social, contrairement à Twitter, par contre, il récupère tout votre contenu numérique sans difficulté.
Si vous liez votre blog, vos articles se publient complètement dans Facebook, vos vidéos et vos photos également, par contre, sortir votre contenu facebook pour le placer sur votre blog est plus compliqué. Aussi, on ne voit jamais une galerie de photos ou de vidéos Facebook sur le moindre blog.
Il est également très compliqué de retrouver son flux RSS pour l’importer dans un autre site. Je ne dis pas que tout ceci est impossible, mais simplement que Facebook fait le maximum pour que vos contenus ne soit pas publiés à l’extérieur.
Le succès de Facebook a débuté avec sa fameuse plateforme d’application, c’est devenu en peu de temps la « place to be » pour les marques, mais où sont-elles maintenant, toutes ces applications ? Facebook, les a relayés au second plan.
On peut clairement se demander si il n’est pas suicidaire de lancer une startup qui dépend de Twitter ou Facebook.
Pourquoi partager vos photos sur Flickr ou Youtube, alors que vos amis sont sur Facebook ? Quel avenir pour Foursquare et Plyce maintenant que Facebook lance « place », un plateforme plus ou moins similaire ?

Le b.a.-ba du web 2.0, c’est de pouvoir consommer le web avec sa communauté et votre communauté est dans ce gigantesque trou noir qu’est Facebook et si vous désirez partager du contenu en dehors de votre réseau d’amis, vous pouvez toujours utiliser Twitter, le reste est maintenant devenu inutile.
Heureusement, il reste toujours des irréductibles qui continuent à lancer des projets sympathiques et plus ou moins ambitieux comme le fameux Empire Avenue (TTEU) ou Chatroulette, mais quel avenir le web leur réservent-ils ?
Pour moi, le web n’est pas mort, mais le web 2.0, si.
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Rédigé par Christophe Lefevre