Vous l’avez tous probablement remarqué, chez Google, ça bouge beaucoup en ce moment.
Bien sûr, Google avance terriblement sur le marché des smartphones grâce à Android et son navigateur, Chrome, arrive à convaincre de plus en plus d’internautes, mais les produits web du géant, évoluent également, malheureusement, ça ne plait pas à tout le monde.
La réunification des sites de Google.
Jusqu’à présent, l’écosystème de Google était scindé en de nombreux sites souvent rachetés et réadaptés qui ne communiquaient que rarement ensemble. Du génial Gmail, à Google Analytics en passant par Youtube et Maps, tous ces sites sont développés par des équipes différentes qui ont apporté chacune une très belle pierre à l’édifice qu’est le web aujourd’hui, mais depuis quelques mois, Google a décidé de tous les rassembler sous une nouvelle interface utilisateur que l’on a découverte pour la première fois avec Google+ et progressivement, ces monstres du web changent et changent les habitudes des utilisateurs dans le but de pouvoir, un jour faire partie d’un seul et même produit dont la couche sociale serait Google+.
Sur papier, je ne peux que féliciter Google de vouloir faire évoluer son écosystème vers une vraie plateforme qui serait certainement la plus puissante du web, d’autant plus que je suis conquis par les choix graphiques très CSS3, mais en pratique, beaucoup de concessions sont faites.
Afin de limiter les coûts élevés de conversions et maintenance, beaucoup de projets ont été fermés et d’autres suivent. Bon, ce n’est généralement pas ceux qui laisseront le plus grand vide qui disparaissent, mais certains étaient bien pratiques. Ensuite, les personnes qui adaptent les sites de Google ne sont pas celles qui les ont conçus, et n’ont pas forcément les mêmes connaissances, les mêmes expériences et finalement les mêmes compétences.

On pourra ainsi aisément critiquer l’ergonomie désastreuse du nouveau Google Analytics ou la refonte de Google Reader mise en place dans les alentours du 1er novembre qui a été très mal perçue par les gros utilisateurs.
En effet, Google Reader permettait de disposer d’un miniréseau social a qui vous pouviez partager les news les plus intéressants en un seul clic. Cette fonction était également disponible sur la majorité des applications qui utilisaient l’API, et elle représentait à elle seule le seul vrai avantage de cette plateforme sur ses concurrents. Personnellement, je ne partageais presque jamais de cette façon, mais par contre, j’appréciais vraiment de découvrir des news provenant de source que je ne suis pas, mais qui pouvaient m’intéresser, par exemple, dans mon cas, beaucoup d’actualité politique Belge. Google Reader était donc un second Twitter où l’information étaient plus concentrée.
Et pourtant, la suppression de cette fonction est tout à fait logique, tout comme la suppression de Google Buzz dans Gmail. Des sous réseaux sociaux ne doivent plus exister pour Google, il faut utiliser à la place Google+, et «plusser».

Logique, mais embêtant. Pourquoi ne pas avoir réintégré vos amis de Google Reader sous un cercle de Google+ ? Peut-être que dans leur soif de socialisation, les architectes de Google ont pensé que c’était un simple dommage collatéral sans importance. En fait, c’est bien le cas pour la majorité des utilisateurs des services de Google.
Nous sommes arrivés à une époque où les réseaux sociaux de niche et les fonctions avancées pour les power-users doivent disparaitre, c’est un peu l’équivalent des lois de l’évolution de Darwin, mais adaptés au web. Embêtant, car en y réfléchissant bien, c’est la plus grosse erreur que puisse faire Google. En effet, le site social, accessible au grand publique qui permet de tout faire, mais qui fait le minimum, on le connait, c’est Facebook et Google aurait pu profiter de la qualité de ses services pour développer le réseau social le plus efficace plutôt que le plus populaire, mais bon, heureusement, ces fusions de sites sociaux n’ont pas que du mauvais, par exemple, l’intégration de Piknic dans Google+ est très réussie, mais peut être que les habitués du service de retouche en ligne de Google me donneront tord!

Et l’avenir dans tout ça ?
Google fait table rase du passé et regarde vers l’avenir, c’est une très bonne chose, mais quel avenir, exactement? Je suis persuadé que Google+ peut avoir un grand avenir, voire renverser un jour Facebook, grâce, notamment à l’appui de tous les autres sites de Google, mais je commence à douter sur la stratégie de Google et surtout, de sa faculté à faire mieux que Facebook.
Le point fort de Facebook, c’est sa capacité à se réinventer totalement. Tout en développant constamment son nombre de membres, Facebook a réussi à repartir sans cesse sur de nouvelles bases. Ceux qui se rappellent de la première et de la deuxième version du site social savent à quel point il a changé et souvent en s’inspirant fortement des autres, mais peu importe, c’est bien comme cela que l’on garde sa place de leader. Un exemple flagrant, il a fallu moins d’un mois pour que Facebook réagisse face au cercle en créant les profils publics et sa nouvelle gestion des groupes d’amis. Sincèrement, je ne vois pas Google faire preuve d’autant de réactivité.
Que Google prenne plus de temps pour réfléchir et préparer l’avenir que Facebook pourrait être une bonne chose. En effet, qui d’autre que Google sait à quel point il ne faut pas lancer des concepts à tord et à travers sous peine de se retrouver avec un Google Buzz qui ne buzz pas beaucoup, et un Wave qui n’aura pas fait de vagues très longtemps, mais comment expliquer dans se cas l’arrivée de Branded Page sur Google+ si proche des simples profils? Mieux encore, buggées et totalement incomplètes. Eh oui, si tu crées une page d’entreprise, tu ne peux pas la créer avec un un profil d’entreprise puisqu’un profil doit obligatoirement être, selon Google, une personne réelle, mais si tu crées la page d’entreprise avec ton compte Google+, tu dois donner tes accès login/password aux autres administrateurs car celle-ci ne supporte pas encore le multi-admins.
Bien entendu, la fanpage made in Google va se développer et profiter d’une visibilité accrue dans le moteur de recherche, grâce entre autres au Direct Connect de Google+ mais aujourd’hui, on est très loin de la page indispensable, au contraire, la page serait même bien moins efficace qu’un profil.

Il semble donc que Google ai créé ses Branded pages parce qu’il sentait la pression du marché, plutôt que par stratégie, mais alors, Google n’avait pas prévu de créer de pages d’entreprises, à la base? Ou plutôt, ils n’ont pas considéré que celles-ci pouvaient avoir un impact important dans le développement du réseau social? Mais comment Google espérait arriver à récupérer les membres de Facebook sans l’aide des médias, des nombreux sites web, des entreprises, voire, des boutiques qui aujourd’hui placardent leur porte d’entrée d’un «devenez fan de ma page» ou «faites un checkin ici, boisson offerte au Mayor» ?
Sincèrement, je me demande si les cerveaux de Google ne seraient pas simplement en train de prendre la grosse tête au lieu d’élaborer de réelles stratégies marketing. Et si Google ne pensait finalement, qu’avec le succès d’Android, ils pourront imposer l’usage de Google+ à des millions de mobinautes et télénautes comme ils espèrent convertir les utilisateurs de Google Reader en utilisateurs Google+ simplement en leur imposant un changement d’habitude.
Je pense que la raison pour laquelle Facebook est tellement réactif et plait tellement à ses utilisateurs, c’est parce que Mark Zuckerberg adore les médias sociaux alors que Sergey Brin n’a presque jamais utilisé son compte Facebook. Avouez que c’est mal parti!
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Rédigé par Christophe Lefevre