Comment l’IA transformera progressivement notre société

Un logiciel qui prétend être un ukrainien de 13 ans appelé Eugène Goostman a passé le test de Turing à la Royal Society à Londres, ce Samedi 6 Juin. Il a réussi à convaincre 33% des juges qu’il était humain pendant cinq minutes conversation saisies.

Ce test a été proposé par l’informaticien Alan Turing en 1950, et le concours a été organisé sur le 60e anniversaire de sa mort.

Le succès de Eugene Goostman n’était pas une surprise puisqu’en 2012, le même chatbot a dupé 29% des 25 juges humains à un autre concours de Turing test, mais il amène à se poser quelque questions sur les enjeux et surtout les risques de l’IA dans notre société.

La révolution industrielle a fait des agriculteurs et artisans des ouvriers, mais progressivement, l’homme fut remplacé par la machine. Moins de tâches ingrates réalisées par l’homme signifient plus de chômage, l’éducation devient un facteur essentiel pour la survie de notre race. Le commerce est en train de vivre sa révolution en étant de plus en plus digitalisée. Même le supermarché commence à disparaître.

On sait que le prochain coup dur pour le commerce sera l’imprimante 3D qui va simplement faire disparaître une série de métiers tout en créant d’autres, mais en moindre quantité.

Aujourd’hui, on entre progressivement dans une nouvelle phase de transformation de notre société qui va avoir un impact encore plus important, car c’est l’intelligence et l’éducation qui sera en danger.

Dans notre société actuelle et surtout dans notre modèle éducatif, l’intelligence est considérée comme une masse d’information accumulée associée à une facilité à rechercher les bonnes réponses au bon moment dans sa mémoire. Comme je le dis toujours, l’éducation apprend, mais n’apprend pas à apprendre.

Au niveau des connaissances, nous ne ferons jamais aussi bien que Google. Un enfant de 13 ans avec une connexion et une bonne maîtrise d’internet pourrait réussir n’importe quel examen théorique. L’intelligence artificielle s’approche de cette possibilité et comme une grande partie de nos métiers s’effectuent sur des ordinateurs, il est déjà possible de remplacer quelques métiers par des logiciels intelligents.

Une partie du journalisme peut être facilement remplacée. En effet, les algorithmes qui mettent en scène l’information, voire la produisent à partir de données (financières, sportives…), se développent rapidement.

Si on compare un article écrit par un journaliste à celui écrit par un bot, on obtient un meilleur score sur « descriptif », « informatif », « précis », « digne de confiance » et « objectif » pour logiciel et ne se défend pas si mal sur les autres points, en dehors du côté « plaisant à lire ». Le bot n’est pas très drôle.

Une grande partie des métiers basés sur l’analyse des données s’appuient sur des algorithmes complexes pour attendre des hauts niveaux d’excellence. Les traders travaillent de moins en moins à l’instinct, mais analysent une masse de données, dont l’histoire, la presse et les réseaux sociaux en temps réel. On peut donc considérer que dans certains secteurs, l’intelligence des logiciels dépasse celui des humains.

Les grands avocats pourraient faire appel à l’Intelligence artificielle pour préparer leur plaidoirie, il suffirait d’une base de données complète avec les affaires, profils des jurés, etc… pour préparer la meilleure défense. Que dire du métier d’architecte?

Alors que les machines ont remplacé en partie les emplois précaires, elles peuvent s’attaquer aux emplois intellectuels.

De nombreux métiers de fonctionnaires, marketers, ingénieurs, web communicants et experts en tout genre pourraient disparaître en voyant ces tâches sous-traitées à des agences internationales qui s’appuieraient à 90% sur des bots afin de garantir des coûts toujours les plus bas. D’ailleurs, les banques, les fournisseurs d’électricité ou les télécoms ont déjà préparé le chemin en rendant beaucoup plus accessible et moins cher l’accès à leur service via internet que sur agence ou par téléphone. Si bien que l’utilisation de botchats tel que Eugène Goostman pourrait très rapidement prendre la place des opérateurs.

Un jour, il ne restera que la créativité pour nous différencier des machines.

Or, notre système éducatif pensé pour le 20e siècle ne favorise pas du tout la créativité, nous voici face à un drôle de paradoxe: nous avons fait de l’homme une machine qui reproduit inlassablement le même schéma jour après jour basé sur des taches prédéfinies pour lesquelles il a été formé, non, formaté. Ce qu’on attend de l’homme, les machines le feront en mieux.

Une intelligence artificielle qui va s’autoprogrammer grâce à l’intelligence collective.

L’analyse de la sémantique est une des clés les plus importantes dans l’IA. On considère une machine intelligente lorsque qu’elle se montre capable de comprendre l’humain, mais notre langage est complexe et pleine de sous-entendus. Notre pensée l’est encore plus et le côté culturel joue également un rôle dans notre comportement.

Les moteurs de sémantique vont sans cesse évoluer, on a tord de penser que l’intelligence artificielle a besoin d’un programmeur pour évoluer, en réalité, il suffira d’analyser les comportements humains pour apprendre d’eux et sur ce point, internet est une superbe base de données.

Les logiciels peuvent s’appuyer sur l’intelligence collective, le Crowdsourcing, pour s’améliorer. Prenons l’exemple de reCaptcha, ce logiciel exploite nos facultés à reconnaitre des textes illisibles afin de numériser des documents anciens, quant à Duolinguo, le logiciel d’apprentissage de langue, dont l’approche, est centrée sur l’analyse des données recueillies lorsque les utilisateurs font leurs exercices.

Google, de son côté, exploite massivement notre comportement pour effectuer des propositions de recherche ou publicitaire. Mais Facebook et Twitter sont également capables d’analyser d’énormes données collectives. Le Crowdsourcing peut permettre à des logiciels d’apprendre beaucoup de l’homme et pour cela, il suffit simplement de concevoir un service ou un jeu gratuit pour que l’homme travaille bénévolement pour la machine.

On ne peut pas encore considérer Siri étant une forme d’intelligence, on en est même loin, mais les bases sont là.

L’IA peut simuler les réponses d’un enfant, il peut évoluer en étudiant le comportement humain et il peut accéder à toutes les données présentes sur le web. L’analyse sémantique évolue tout comme la reconnaissance vocale et la robotique, de façon générale, évolue beaucoup.

Les machines seront-elles intelligentes un jour au point de pouvoir se faire passer pour l’homme ou même de le remplacer? Pourquoi pas.
Si nous considérons l’intelligence artificielle comme étant la faculté à imiter la pensée de l’homme, il est clair qu’il reste encore du travail, mais s’il s’agit de remplacer l’homme dans sa place dans la société, nous sommes déjà en train d’être dépassés.

Et une guerre de l’homme contre la machine?

Ne soyons pas paranos pour autant, les robots humanoïdes ne sont pas prêts de contrôler le monde, les robots ne sont que des outils, mais une question pourrait tout de même se poser: on estime qu’un 1% des humains sont psychopathe, c’est à dire, sans aucune empathie, mais capables de simuler des sentiments. L’intelligence artificielle dans son niveau le plus élevé pourrait le faire aussi bien, certains psychopathes sont des génies, ils peuvent carrément briller en société, ce que des machines pourraient faire également. Si des robots devaient vivre un jour parmi nous, ils seraient probablement plus proches de nous que ce que l’on voit dans les films puisqu’ils seraient des copies parfaites de nous.

Mais avant d’en arriver là, nous nous trouverons face à des problèmes de sécurité publique qu’il faudra résoudre. Dans un premier temps, de nombreux logiciels intelligents seront utilisés pour arnaquer les gens. À l’image des spams et virus, ces logiciels n’auront qu’un seul but, vous démunir de votre argent avec des faux vendeurs sur le web, des faux amoureux, etc. Ensuite viendront les premiers robots autonomes, militaires, puis open source. Mal utilisés, ils seront capables de faire des braquages, tuer, et bien d’autres choses sans mettre en danger leurs propriétaires.

La création d’un Androïde sera probablement accessible à tous et facilitée par l’arrivée des imprimantes 3D, mais des lois encadreront tout ça. Enfin, je l’espère, je ne veux pas me battre contre des Terminators.

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Rédigé par
Chris Lefevre
Publié le
9 juin 2014

15:19

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