ChromeBook, très peu pour moi.

chromebookwhite ChromeBook, très peu pour moi. Alors cette fois le go est lancé et Google s’apprête à commercialiser officiellement son 2ème OS sur le marché. Après un Android plein d’avenir qui prend progressivement la tête du marché des mobiles, Chrome OS peut-il renverser le géant Windows?

Non évidemment, mais étonnamment, ce n’est pas comme ça que Google le présente. Selon le géant de l’internet, les ChromeBooks pourraient remplacer leurs propres machines dans l’infrastructure informatique de leur société, une façon de dire : si c’est bon pour nous, c’est forcément bon pour vous.

La bonne blague, essayez donc de développer, de photoshoper, de faire du montage vidéo, ou même écrire des présentations sous Chrome OS, ce que les employés de Google font au quotidien. C’est tout simplement impossible. J’attends impatiemment que Google nous sorte un AfterEffect en Javascript!

À ma connaissance, le seul ultraportable qui peut être utilisé comme une machine complète est le MacBook Air, et encore, ça reste limite. En tout cas, l’argument qui revient le plus souvent en faveur du ChromeOS est son démarrage rapide en 8 à 10 secondes, mais pour le possesseur d’un Mac, le démarrage ne dépasse que rarement le 5 secondes, puisque le reboot est très rarement nécessaire sur cet OS.

Pour répondre à la problématique des logiciels, la réponse de Google, c’est le cloudcomputing. Les logiciels n’ont pas besoin d’être présents sur votre ordinateur pour fonctionner, ils tournent à distance, dans un datacenter et votre ordinateur reçoit le résultat en streaming. Ça permet effectivement de se détacher du hardware, du software de sa machine et de se limiter à un simple satellite.

En théorie, pourquoi pas, d’ailleurs, je crois vraiment que le Cloud Computing a un réel avenir pour les jeux, par exemple, pour jouer aux derniers jeux sans devoir investir dans les consoles. Mais ce doux rêve peut tourner en cauchemar, que faire si la connections internet et inaccessible ou simplement trop faible? Eh oui, il ne faut pas espérer se faire un jeu PS3/4/5/X en Cloud avec une simple connexion 3G. Dans ce cas, il faut se rabattre sur des web applications plus légères en javascript ou flash. Mais à part Angry Birds, il n’y a pas grand-chose qui tourne en mode offline dans le Chrome Webstore.

C’est bien ça le problème, le 100% online, je n’y crois pas. Si les données peuvent se synchroniser lors de session 3G/Wifi, la connexion ne doit pas être indispensable pour utiliser une application bureautique. Comment faire si on est dans un train ou en déplacement? La connexion 3G n’est pas disponible, or, le ChromeBook est un PC nomade, justement.

L’HTML5, la fausse solution

Le problème, c’est que Google a misé sur le succès de l’HTML5, et spécifiquement l’HTML5 offline. Comprenez bien que l’HTML permet aujourd’hui d’héberger tout un site dans son navigateur, y compris sa base de données. En théorie, les Google Apps USATODAY et Huffington post pourraient héberger les articles en mode Offline pour qu’on y accède tranquillement dans le train, ce n’est pas le cas. Mais pire encore, même Google ne fait pas l’effort! On devrait pouvoir pré-rédiger de mails dans GMail, lire ses présentations ou en créer des tableaux sans connexion. Eh bien non, Google s’est appuyé sur une technologie propriétaire qui fait appel à un plug-in.

C’est là tout le problème, l’HTML5 permet de faire ses choses, mais c’est trop compliqué à mettre en place, même pour Google, alors, on ne le fait pas.

Donc voilà un ordinateur compact, mais pas nomade et même si vous êtes bien couvert, sachant le prix des connexions 3G en Europe, il est bien déconseillé de se faire une session de Call Of Duty en 3G! Pas nomade, mais qu’est ce que Google veut remplacer avec ses ChromeBook?

Excusez-moi, mais franchement ceux qui s’extasient devant Chrome OS n’ont jamais utilisé MacOSX. Il n’y a pas plus simple d’usage, et avec le MacAppStore, vous pouvez installer une nouvelle application en 2 clics !

Si c’est le prix qui vous intéresse, Windows 8 et Android permettent la fabrication d’ordinateurs low-cost mais plus complète. Non, franchement je ne comprends pas comment Google espère convaincre le consommateur. Sauf si…

Sauf si Google met le paquet.

Derrière le ChromeBook se trouve tout un business, avec pour commencer l’informatique en tant que service. À 28 dollars par mois pour des PC peu performants, c’est déjà cher, mais en plus, le stockage des données et applications en nuage serait également payant mensuellement.

À coter de ce business se trouve celui du software avec la plateforme Google Webstore, car forcément, le seul moyen efficace de vendre une application sur Google ChromeBook et, évidemment, c’est 5% de commission pour Google. Je ne sais pas pour vous, mais, je trouve ça me rappelle un peu la stratégie d’Apple et sa plateforme AppStore d’iOS.

Pour que les développeurs se lancent sur la plateforme, il faut des consommateurs. Théoriquement, tout le monde pourra acheter des applications sur Google Web Store, mais les possesseurs de ChromeBook seront plus faciles à convaincre. Pour que les consommateurs soient présents, il faut des logiciels, des services uniques, voire exclusifs.

C’est donc là dessus que Google devrait mettre le paquet: des logiciels indispensables, mais gratuits, de la musique, des films sur le nuage à un prix avantageux. Mais de là à convaincre les utilisateurs, je ne sais pas.

Le ChromeBook ne remplacera pas mon MacBook Pro, c’est certain, et même pour un usage réduit de l’informatique, je lui préfèrerai un iPad ou une tablette quelconque, mais peu importe, Google est présent partout et sur toutes les plateformes, le ChromeBook n’en est qu’une, Google Chrome, le navigateur en est une autre qui, au contraire, est une réussite.

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Rédigé par
Chris Lefevre
Publié le
21 mai 2011

23:33

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